Excédents de Débit de Forages

PROBLEMATIQUE

Confronté à la situation préoccupante de pauvreté des ménages ruraux et de précarité des systèmes de production, les populations s’orientent en masse vers l’exode rural et l’émigration clandestine. Ces deux phénomènes constituent un véritable fléau social des temps modernes avec tout son cortège de désolations, de catastrophes humaines qu’ils entraînent dans la frange jeune de notre pays.
Soucieux des contraintes qui pèsent sur l’avenir des populations, l’Etat du Sénégal par la voix des plus hautes autorités a posé entre autres, deux jalons essentiels pour lutter efficacement contre la pauvreté et cette vaste migration des jeunes vers les villes et les métropoles occidentales. Il s’agit :

  • de la création en novembre 2006 par son excellence le président de la république de l’Agence Nationale du Plan de Retour Vers l’Agriculture (ANREVA) ; et,
  • de la Grande Offensive Agricole pour la Nourriture et l’Abondance (GOANA) lancée en avril 2008.

La mission principale de l’Agence REVA est de promouvoir le retour vers l’agriculture sur l’étendue du territoire nationale. Elle est circonscrite dans cinq composantes majeures dont l’une d’elle relative à la valorisation des ressources en eau excédentaire des forages constitue l’objet de ce document de projet
Au Sénégal, les études ont révélé un potentiel en eau souterraine très significatif estimé à près de 4 Milliards de mètres cubes renouvelables annuellement. Aujourd’hui, le niveau de sollicitation de cette ressource (à peine 5%) est essentiellement concentré sur les besoins d’alimentation en eau potable. Au même moment les forages déjà réalisés (de l’ordre 1400) offrent pour la plupart des excédents de débit très importants.
L’Agence Nationale du Plan REVA dans son programme considère la valorisation des forages ruraux à des fins agricoles comme un axe stratégique pour la lutte contre la pauvreté et la promotion du plein emploi en milieu rural.
Cette orientation permet au-delà de l’alimentation en eau potable d’exploiter les forages présentant des ressources excédentaires, pour la création de richesses et de revenus en milieu rural. Elle permet par ailleurs de mieux pérenniser l’exploitation desdits forages à travers la possibilité de prise en charge des frais de fonctionnement et de l’amortissement des équipements de pompage.
Ainsi, plus de 300 forages présentant un excédent de débit supérieur à 25 m3/h ont été recensés pour aménager des exploitations agricoles de deux (2), cinq (5) et dix (10) hectares (voir annexes).
Le présent Projet de Valorisation Agricole des Excédents de Débit des Forages en Milieu Rural concerne l’aménagement, dans les quatre années à venir (2009-2012), de petits périmètres irrigués autour de ces 300 forages. Il permettra de mettre à la disposition des populations une superficie, avec maîtrise totale de l’eau exploitable en toute saison, de 1170 hectares.

Justification du projet

La lutte contre la pauvreté et l’exode rural ne peut être efficace qu’à travers la création de revenus durables et d’emplois pour les populations concernées. Sous ce rapport, l’agriculture offre un potentiel de vaste insertion des jeunes et constitue une véritable opportunité d’affaires moyennant certaines conditions dont la maîtrise de l’eau. Les systèmes de production sous pluie n’offrent plus de garantie du fait, d’une part, des aléas climatiques et, d’autre part, des faibles niveaux de rendement.
La pratique de l’irrigation autour des forages ruraux va permettre, non seulement de consolider leur gestion, mais aussi de participer à l’instauration d’une situation de plein emploi en milieu rural. Aujourd’hui, la prise en charge des frais d’entretiens, de maintenance et de renouvellement des équipements de pompage continue de grever le budget de l’Etat. Avec la valorisation des ressources en eau excédentaire des forages, cette problématique peut trouver une solution durable. Au demeurant, l’Etat pourrait retenir de systématiser l’aménagement de périmètres irrigués de 2 à 5 ha voir 10 ha à l’image de ce programme de l’A.N.REVA dans tous les nouveaux forages à réaliser dans le pays. Cette démarche est le seul gage d’une exploitation durable des ouvrages et participe à lutter efficacement contre l’insécurité alimentaire et l’exode rural.

Objectif du projet

L’objectif du projet est la valorisation agricole des ressources en eau excédentaires des forages ruraux pour lutter contre la pauvreté et l’exode en milieu rural. Il intègre les préoccupations spécifiques suivantes :

  • Développer, diversifier et intensifier la production agricole à travers la pratique de l’irrigation ;
  • Couvrir les besoins alimentaires en fruits et légumes des terroirs locaux
  • Créer des emplois pour les populations rurales notamment les jeunes et les femmes;
  • Accroître les revenus des bénéficiaires par des activités de contre saison ;
  • Améliorer la trésorerie des comités de gestion de forage pour une bonne prise en charge des frais de fonctionnement et d’amortissement ;
  • Préserver et améliorer les écosystèmes par la pratique de l’arboriculture fruitière.

Zone d’intervention du projet

La zone du projet concerne toutes les régions exceptée Dakar. Les objectifs d’aménagement dans les régions concernées par le projet s’établissent comme suit :

  • 58 pôles de 2 ha
  • 190 pôles de 5 ha
  • 52 pôles de 10 ha

Description du projet

Les principales activités prévues dans le cadre du projet sont les suivantes :

  1. Identification et choix des sites définitifs sur la base de la liste en annexe mais aussi des recommandations de la Direction de l’exploitation et de la Maintenance (DEM) ;
  2. Aménagement des périmètres à l’aval des forages à excédent de débit
  3. Remplacement d’équipements d’exhaure au besoin
  4. Identification des bénéficiaires
  5. Renforcement des capacités des bénéficiaires
  6. Mise en valeur des périmètres

Composante 1: Identification des sites

Sur la base du recensement des forages à excédent de débit, il sera procédé à l’identification des périmètres pouvant faire l’objet d’aménagement d’un pôle agricole.

La taille du pôle repose sur les critères suivants :

  • Excédent de débit compris entre 25 et 30 m3/h : pôle de 2 ha ;
  • Excédent de débit compris entre 30 et 60 m3/h : pôle de 5 ha ;
  • Excédent de débit compris entre 60 et 80 m3/h : pôle de 10 ha ;

Composante 2 : Aménagement des périmètres

Cette composante couvre la réalisation des principales infrastructures :

  • clôture grillagée et haies vives
  • réseau d’irrigation goutte à goutte

Composante 3: Remplacement d’équipements d’exhaure

Le remplacement d’équipements d’exhaure (pompe à axe vertical et moteur thermique ou électropompe et groupe électrogène) sera opéré au niveau des forages où seront installés les périmètres de 5 et 10 ha.

Composante 4 : Identification des bénéficiaires

Un comité local, présidé par le Sous-préfet de la localité concernée, sera mis en place pour choisir les bénéficiaires conformément à l’approche utilisée dans les autres pôles du plan REVA.

Composante 5 : Renforcement des capacités des bénéficiaires

  • Le projet apportera, un appui à la formation et à la structuration des différents groupements constitués
  • la formation nécessaire à la gestion et à la maintenance des ouvrages
  • la formation aux itinéraires techniques de production et protection des cultures
  • Une attention particulière sera portée au problème de commercialisation, d’accès aux intrants et aux petits équipements

Composante 6 : Mise en valeur des périmètres

La mise en valeur consistera à :

  • développer le maraîchage dans les pôles de 2 ha
  • associer l’arboriculture fruitière au maraîchage dans les pôles de 5 et 10 ha

Cadre institutionnel et organisationnel

La maîtrise d’œuvre du projet est placée sous l’autorité de l’A.N.REVA qui intervient au niveau national. L’Agence sera chargée de la réalisation des périmètres et assurera l’intermédiation entre les différentes structures partenaires du projet. Il s’agit :

  • au niveau national
    du Ministère de l’hydraulique Rural à travers la Direction de l’Exploitation et de la Maintenance (DEM) et du Ministère de l’Agriculture à travers les Directions de l’Agriculture (DA) et de l’Horticulture et de l’ANCAR et du Projet de Modernisation et d’Intensification Agricole (PMIA) ;
  • au niveau local
    Des services déconcentrés de l’hydraulique et de l’Agriculture (Subdivision de Maintenance, Brigade des Puits et Forages, Association des Usagers de Forages (ASUFOR), Comité d’Appui au Développement Local (CADL), Direction Régionale du Développement Rural (DRDR), Direction Régionale de l’ANCAR Direction Régionale des Eaux et Forêts, Projets et ONG.

Résultats attendus

Le projet permettra de lutter efficacement contre la pauvreté et l’exode massif des jeunes vers les villes mais aussi vers l’occident. Ainsi les résultats ci-dessous sont attendus :

  • 1170 hectares aménagés et équipés pour l’irrigation avec maîtrise totale de l’eau ;
  • Création d’au moins 5000 emplois agricoles ;
  • Production de 17 500 tonnes de fruits et légumes/ an
  • Réduction significative de l’exode ;
  • Moyens financés des ASUFOR renforcés ;
  • Entretien, maintenance et renouvellement des équipements de forages régulièrement effectués
Forage motorisé
Forage motorisé
Forage motorisé